Articles
Rentabiliweb ne connait pas la crise
Publié le 25-05-2009
Le monétiseur d'audience sur Internet a enregistré un bon exercice 2008. Ses ventes se sont envolées de 127%, grâce notamment à l'intégration de la société Montorgueil. Ses réserves de fonds propres et de trésorerie lui permettent de poursuivre sereinement sa croissance, tant interne qu'externe.
Interview de Jean-Baptiste Descroix Vernier
Pouvez-vous nous présenter Rentabiliweb ? Jean-Baptiste Descroix Vernier : La société a été créée en 2002. Nous sommes un acteur majeur de la monétisation des audiences numériques. Notre groupe offre aux professionnels et aux webmasters la plus importante plate-forme de services de monétisation de leur trafic avec notamment des solutions de paiement et de micropaiement. Nous développons par ailleurs des programmes d'affiliation, offrons des solutions de régie publicitaire on-line et possédons une expertise reconnue dans les solutions de fidélisation et de Marketing Direct. Rentabiliweb est également l'un des premiers éditeurs francophones avec un bouquet de services qui couvre l'ensemble du divertissement grand public : services communautaires, jeux familiaux, services grand public et conseils aux Internautes, rencontres et dating... Nous sommes dans le top 10 des audiences francophones mondiales avec 38 millions de visites par mois. Nous avons dégagé un chiffre d'affaires 2008 de plus de 56.3 millions d'euros avec un résultat net de 6.7 millions d'euros.
Quelles sont les grandes thématiques de vos sites ? J.-B. D. V. : Nous avons trois thématiques essentielles. Celle sur laquelle nous dégageons le plus d'audience, c'est la rencontre, mais de la rencontre de niche, contrairement aux acteurs historiques, avec des catégories bien précises. Nous sommes leader sur plusieurs niches dans ce domaine. La deuxième thématique rapportant beaucoup d'audience, c'est le jeu. Nous avons beaucoup de sites de jeu, certains sont très connus et d'autres moins. On peut citer «Toox.com», qui a une grosse communauté de joueurs, mais aussi « jeu.org ». Enfin, nous sommes présents sur les sites communautaires. Cela va des communautés des personnes handicapées jusqu'à celles des justiciables. Il existe beaucoup de communautés qui ont été un peu oubliées du web pour lesquelles nous avons fourni des bons services, et qui sont source d'audience.
Pour vous, quelles sont les thématiques les plus porteuses actuellement ? J.-B. D. V. : Les deux plus porteuses sont la rencontre et le jeu, en termes d'édition. On dit toujours que l'alimentaire est peu touché par la crise, car les gens mangeront toujours... oui, mais les gens joueront toujours aussi et la rencontre fait partie de la vie.
Comment s'est déroulé l'exercice 2008 ? J.-B. D. V. : Il a été excellent. Nous avons dégagé un résultat net de 6.67 millions d'euros, en progression de 38%. La marge brute est ressorti à 49% contre 31% un an plus tôt. Ainsi, conformément à ce qui avait été annoncé, l'exercice 2008 a été fortement générateur de marge. Ces excellentes performances démontrent autant la pertinence de notre stratégie suivie depuis 2005 que l'intégration très maîtrisée et rentable des activités d'édition de contenus numériques.
Vous aviez réalisé une importante acquisition en 2007 avec Montorgueil. Comment s'est déroulée son intégration? J.-B. D. V. : C'est une intégration réussie, nous avons augmenté de 14 points la marge nette de Montorgueil, en conservant les produits phares, et en supprimant une partie de leurs produits historiques. Il n'y a par ailleurs pas eu de plan de licenciement, j'ai toujours pensé que l'aspect social était essentiel dans un rapprochement.
Comment se porte votre structure financière ? J. –B. D. V. : En 2008, nous avons considérablement renforcé notre structure financière avec une progression de 14 millions d'euros des capitaux propres portant leur niveau à 36.7 millions d'euros, une dette financière quasi nulle et une trésorerie de 14 millions d'euros, en hausse de 6 millions d'euros provenant quasi exclusivement de l'activité opérationnelle. Nous sommes un groupe solide, réactif, parfaitement dimensionné et structuré dans un contexte économique difficile.
Quel est le profil-type d'une entreprise qui pourrait être rachetée par Rentabiliweb ? J.-B. D. V. : Ce sera de toute façon une entreprise plus grosse que Rentabiliweb. Nous avons une capacité d'intégration de structures plus importantes que la nôtre ; nous l'avons prouvé avec Montorgueil, qui était deux fois et demi plus important. Ensuite, nous avons cette capacité d'apporter nos techniques de gestion, nos techniques de génération de marge à une société qui a un chiffre d'affaires plus important. C'est un gain de temps.
Quelles sont vos positions à l'international ? J.-B. D. V. : Hormis la France et la Belgique, où se trouve le siège social du groupe, nous avons deux filiales en Roumanie, une en Bulgarie, deux studios de développement en Russie. Nous nous sommes beaucoup développés dans les pays de l'Est.
Le continent nord-américain fait-il partie de vos priorités ? J.-B. D. V. : Nous devrons être présents un jour dans cette zone. Nous avions un projet de croissance externe au Canada qui n'a pas pu être mené à son terme. Si une autre cible se présente, nous tenterons de saisir l'opportunité. En parallèle, nous poursuivons notre stratégie de façon organique.
Comment voyez-vous 2009 ? J.-B. D. V. : Autant nous sommes confiants pour notre activité en propre, autant je pense que 2009 va être une année très difficile pour le marché en général. Pour l'ensemble du secteur, cela va être très délicat, je pense notamment par exemple à la publicité on-line... Sous réserve de balbutiements de redémarrage, il y aura quand même un problème de budget sur la totalité de l'année. C'est évident. 2009, c'est aussi un problème pour le consommateur, l'internaute. Dans notre activité de B to C, ce qui marche le mieux actuellement sont les systèmes de gains de pouvoir d'achat comme Mailorama.fr. C'est quand même un signe de crise.